Free Weels

Avalanche d'étoiles

Cunlhat et maintenant Courpière cette dernière petite bourgade rurale d’Auvergne, ensommeillée mais pleine de prétentions se métamorphose subitement et pour 3 jours en une gigantesque et délirante kermesse en recevant dans ses murs le plus gros rassemblement de bikers de France. Ça se passe tous les ans du 5 au 7 août et sextuple la population, avec pourtant une opposition de vie farouchement dissemblable et quasi improbable…
Courpière Auvergne

La fourme et le bleu d’auvergne ont côtoyé les « burns » motos (art de faire fondre un pneu sur place), les tracteurs agricoles ont trouvé des moteurs plus bruyants que les leurs, les agriculteurs ont contemplés de curieux bipèdes tout de cuir et de tatouages vêtus et les belles robes de messe du dimanche ont frôlé les bikeuses dénudées et délurées certainement pas sponsorisées par l’évêché, le tout, rassurez-vous, dans une ambiance bon enfant et orchestrée de main de maître par le plus légendaire et controversé club de motos au monde : les anges de l’enfer appelés souvent les rouges et blancs ou 81 en référence aux lettres de l’alphabet.
Trois jours de folies

Résultat, et malgré l’abominable météo annoncée, un monde fou (certainement plus de 30000 bikers et visiteurs confondus) sans aucun accroc au sacro-saint mot d’ordre : fraternité, respect, sécurité, prônés par les Hells Angels France organisateurs de l’événement. C’est les bleus marines, plus discrets cette année, qui doivent en rester coi, ce n’est pas habituel de croiser des milliers de barbus tatoués aux cheveux longs chevauchant des bécanes à la Mac Gyver dont l’échappement réveillerait même les durs de la feuille sans aucune anicroche au contrat routier.
Que s’est-il passé donc pendant ces 3 jours ?
Nous arrivons

Nous arrivons d’abord sur un site champêtre clos et protégé plus grand que l’hippodrome d’Auteuil avec à la place des équidés des bécanes conçues certainement par des émules d’Einstein avec des jockeys au look effroyablement bad boy et c’est peu dire… Des parkings partout dans les champs, des campings semi sauvages à perte de vue, un village entier d’une multitude de boutiques ou même un représentant de l’église et un marchand de primeurs était présent. Ce dernier a eu un succès fou en vendant des…abricots.
La scène

Deux scènes dont la principale de 35 mètres de haut. Un florilège d’activités nous laisse stupéfaits, course de lenteur, Unibike (un bestiau bizarre à une seule roue), bras de fer, funambule, boule infernale, Baptême en hélico, saut en élastique, show érotique, bike show, groupes musicaux de top niveau, l’incontournable tee-shirt mouillé et pour finir feux d’artifice de toute beauté visible dans tout le canton.
La zique

La programmation musicale à suivre, un must ! Pensez Lust, Adam Bomb, les fabuleux étasuniens de Molly Hatchet, notre bluesman frenchie Paul Personne et double cerise sur le gâteau Joe Cocker immortalisé par Woodstock et 9 semaines et demie et l’actrice Béatrice Dalle en marraine de l’événement avec une présence quasi permanente.
Belle Auvergne

Les autochtones bénéficiant de billets à prix réduit (20 euros) s’empressent de venir côtoyer cet océan de couleurs et sniffer un peu les relents de Tex Mex et de pneus brûlés. Certains se prennent gentiment au jeu et se déguisent en bikers avec plus ou moins de succès et dépensent sans Comté (la faute c’est exprès !) dans les boutiques itinérantes.
Bike Show

Le bike show de très haut niveau voit un doublé mérité de Absolut Cycles. Un enclos géométriquement parfait avec protections pour bécanes individuelles formait l’événement du Freeway Tour. Les plus époustouflantes se voyaient autorisées à burner sur la grande scène. Amoureux des belles, je vous engage à visiter le diapo ci-dessous, mettez des lunettes de soleil, ça brille et les flammes sont omniprésentes.
Tee shirt mouillé

Vous pensez que j’avais oublié le meilleur ? Que nenni, il n’y a pas de Freewheels possible sans tee-shirt mouillé. Il n’y avait pas que le tee-shirt qui était mouillé d’ailleurs, la pluie avait pour l’occasion cruellement arrosé le public et s’est miraculeusement arrêté a l’arrivée de Jo Cocker, quel talent le gonze !
Mais je m’égare, revenons à l’éblouissant et sulfureux tee-shirt mouillé. Une quinzaine de participantes amatrices se sont prêtées au jeu, pour la plupart bikeuses spectatrices et décidées a s’éclater le temps d’un CD de Ramstein. Faut le faire devant des milliers de regards lubriques. Cette dernière phrase ne s’appliquant pas bien entendu à Mr le curé présent dans l’assistance et que j’ai eu l’honneur de rencontrer.
La gagnante

Une heure de plaisir où toutes les filles ont fait un show sexy improvisé de toute beauté quelquefois dans le plus simple appareil. La nouvelle égérie du Free wheels s’appelle Sophie, elle nous vient de Dordogne et on m’a interdit de donner son adresse et son tel. Un petit canon piquant avec un adorable minois. Vous êtes déjà parti voir le diaporama ? Un peu de tenue que diable ce n’est pas terminé. Après cette érection collective, des yeux on passe aux feuilles de choux avec le spectaculaire Adam BomB du hard furieux, coloré et irrésistible, qui laisse la place au plus bluesy des frenchies : Paul Personne et son groupe « A l’ouest », excellent ! On était d’ailleurs tous à l’ouest quand apparut le vétéran crooner rocker Joe Cocker et sa voix inimitable nous vocaliser « You can leave your hat » rappelez vous Kim Bassinger et Mickey Rourke.
Tous les feux

Ce fut ensuite le tour d’un feu d’artifices époustouflant tiré derrière la scène principale. Du grand art sans incident malgré la pluie et l’humidité, bravo aux artificiers. Je vous fais grâce des nombreux intermèdes comblés par de prodigieux stiptease dont l’imagination rivaliserait avec une revue du paradis latin. La journée s’achève le dimanche sera, espérons-le, plus calme. Je suis si fatigué que je baille en dormant, j’enfourne ma bécane qui me fait l’effet d’un char Patton pourtant je n’ai pas une bécane de gonzesse, ça doit être le truc bleu que j’ai bu, va falloir rouler à la doc Gyneco. Les bleus sont gentiment discrets, ça passe, calé derrière le gros camion de vidange des fosses septiques à la vitesse d’un escargot complètement ensuqué.
Sécurité max

Cette manifestation qui arbore fièrement ces seize années d’existence est devenue au fil des ans et malgré une interruption de dix années le rassemblement phare des bikers européens. Hormis Faak en Autriche, ce serait même le plus grand rassemblement européen. Et pourtant dans les années 80 (vers Nice si j’ai bonne mémoire) le Free wheels n’avait d’autre prétention que de réunir quelques potes et accrocs du customing. Preuve que l’entêtement paye et ceci pour notre plaisir exclusif. Que serait notre passion sans ces moments trop rares d’une telle intensité ?
Notre équipe a l'époque

Chapeau bas donc aux organisateurs les Hells Angels France et leur patron Marcus qui non content d’avoir organisé ce festival de main de maître, et ce n’est pas simple, ont su varier les plaisirs (exemple hard rock minoritaire cette année) en s’ouvrant a un public plus large tout en restant fidèle à l’esprit biker, qui je vous le rappelle, se résume en une phrase : la liberté ne doit pas masquer la fraternité, le respect et la sécurité. La plus belle phrase que j’ai entendue fut à Ambert (la fourme!) par un biker philosophe de mes amis, dont je tairais le nom pour son égo, face à un vilain détracteur : « À t’entendre ta jeunesse est passée mon ami, la mienne est éternelle. » À méditer… La bécane serait-elle une cure de jouvence ?
Remerciements

Je n’oublierai pas un grand thanks à JR patron de la revue Legend Motor Bike qui fait revivre notre passion depuis plus de 10 ans maintenant. Je n’oublierais pas un grand thanks à JR patron de la revue Legend Motor Bike qui fait revivre notre passion depuis plus de 10 ans maintenant. A Marie photographe de la même revue de lui avoir claqué la porte sur les doigts, MDR. A mes amis et compagnons de toujours, les Templiers, trop nombreux pour les citer tous, de m’avoir fait ramasser des cèpes (avec succès) sur le chemin du retour. À Martine et Milou de nous avoir hébergé 3 jours. A l’intello pour avoir partagé sa mousse avec moi. Au Hells du 30 qui se reconnaîtra. Au nîmois Gildas et Thierry, au bordelais Brigitte et Gilou et enfin à ma bécane pour m’avoir gonflée avec son hoquet au retour pendant 500 bornes. Je suis déjà pardonné pour ceux que j’oublie… À l’année prochaine les amis !
Pas de chance

On a aimé par-dessus tout : les programmations musicales diversifiées, l’ambiance festive générale, l’organisation du show bike, le plateau des filles du tee-shirt mouillé, le vendeur de primeurs et enfin la discrétion des forces de l’ordre cette année .
On a moins aimé : la météo, l’enfer des parkings motos, l’agressivité orale de certains membres du staff, certainement crevé de leur bénévolat dément.
Conclusion

Une actualité plus récente en aparté, ce rassemblement complètement fou au sens plaisir a disparu actuellement, les causes sont nombreuses, le temps et la pluie infernale doublées de la volonté de certains journaux et habitants outrés et pourtant minoritaires.On est entré dans des phrases de repli sur soi-même, on appelle cela la misophonie, et c'est vraiment triste. En conclusion on a tous passé un weekend exceptionnel et on pèse nos mots et il nous restera au moins la nostalgie d'une époque certainement défunte.
Diaporama du tee-shirt mouillé
Note aux parents, cette vidéo, sans être X, n'est pas conseillée aux jeunes enfants
Reportage Alain Klein pour tripriders.fr en 2011
Amicalement à tous
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